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Arc de Triomphe Paris

Vlll XVI et XVII. En élevant un arc triomphal, Napoléon voulait éterniser les gloires de sa Grande armée. Où le placer? C'était par l'est de Paris que revenaient ses soldats victorieux. Depuis la destruction de la Bastille, il n' y avait Plus, entre la rue Saint-Antoitne et son foubourg, qu'un grand terrain vague et chaotique. N'était-ce pas l'occasion de l'ordonner en fonction d'un monument prestigieux ? Champagny, ministre de l'Intérieur, ne manifeste aucun enthousiasme en faveur de ce vieux quartier, de cette place sans avenue convergentes, sans perspectives. Il fait parvenir à l'empereur Lin projet de Chalgrin qui prévoit l'arc de triomphe au sommet des Champs-Elysées, et il glisse dans son rapport des arguments qui devaient le toucher au cœur. « Il ne faut pas se dissimuler, écrit-il, que cet arc, supérieur à tout ce qu'on a fait à présent dans ce genre, exigerait qu'il eût, pour cette position, des dimensions presque colossales et qui en augmenteraient la dépense. Mais que d' avantade dans cette position! On l'apercevrait des hauteurs de Neuilly, on le verrait de la place de la Concorde. Il frapperatt d'admiration le voyageur entrant à Paris, car des monument de ce genre font bien plus d'effet à une grande distance, en laissant le champ libre à l'imagination. Il imprimerait à celui qui s'éloigne de la capitale un profond souvenir de son incomparable beauté. Et, regardant le palais de Votre Majesté comme le centre de Paris, ainsi que Paris est le centre de l'Empire, ce monument serait vu du centre de la capitale, il serait vu de la place la plus spacieuse et la plus régulière, et de la promenade la plus fréquentée, et, cependant, il ferait l'entrée de la ville, véritable destination de monuments de ce genre. » Pas un de ces arguments dont nous tic reconnaissions aujourd'hui le bien-fondé. Le choix de Napoléon se porta aussitôt Sur cette « étoile de Chaillot » dont le potour se relevait en amphithéâtre gazonné. Elle se trouvait alors dans la campagne. des avenues rayonnantes avaient été esquissées dès le XVIII siècle par des plantations de files d'arbres. La situation privilégiée du sommet de la colline de Chaillot, point de fuite de l'incomparable perspective qui prend son départ dans la grande allée des Tuileries, était promise à la gloire.

reprend les travaux; d'abord ralentis, ils s'arrêteront tout à fait lorsque les Alliés arriveront à Paris. Le monument en est alors aux deux cinquièmes de sa hauteur. A la suite de l'expédition d'Espagne, Louis XVIII fait reprendre la construction. Elle n'avance que de façon sporadique. Goust et son nouvel adjoint Huyot sont en perpétuelles disputes. Il faut attendre Louis-Philippe pour que ce grand chantier soit résolument remis en marche : le roi veut en faire un mémorial consacré à la geste des armées de la Révolution et de l'Empire. L'œuvre de Chalgrin ne sera inaugurée que le 29 juillet 1836, vingt-huit ans après avoir été commencée.
L'Arc de Triomphe possède dès lors sa forme définitive. (C'est une chance, car, démuni de couronnement, il était généralement
La tour mesurait 300,65 m (Depuis elle a un peu grandi. Avec son antenne, elle atteint 320,75 m) La première plate-forme se situe à 57,33 m, la deuxième à 115,73 m, la troisième à 276,13 m. Si la tour, par elle-même, ne pèse que 7 000 t, le poids total de l'ensemble, fers et fontes utilisés pour la construction, y compris les ascenseurs, représentait 8 554816 kg. Ce qu'il y a de plus frappant n'est-ce pas d'abord cette légèreté ? On s'est livré à des calculs amusants. L'ensemble du métal utilisé, s'il était coulé en une seule plaque placée entre les pieds de l'édifice, offrirait une épaisseure de 6 cm. La charge au sol est de quatre kilos au centimètre carré soit exactement celle exercée par un homme moyen assis sur une chaise. En réduisant la tour, avec tous ses éléments, à 30 cm de hauteur, elle pèserait 7 g. Notons que l'action des plus grands vents ne la fait osciller au sommet que de 12 cm et que sa hauteur suivant la température peut varier de 15 cm. Le sommet se déplace en demi-cercle - 15 à 20 cm - suivant la trajectoire du soleil. Il retrouve sa place à la tombée de la nuit. Le phénomène s'explique par la dilatation des arbalétriers placés du côté du jour, alors que ceux situés à l'ombre ne subissent pas cette influence. Le prix de revient fut de 1114200 Euros.
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Cette immense machine, si décriée avant sa naissance, a été adoptée par le peuple de Paris. Elle fait partie du folklore parisien. Elle a été reproduite à des millions d'exemplaires, en objetssouvenirs, breloques, manches de cannes et de parapluies, fioles à liqueurs, presse-papier, thermomètres, etc. Du 15 mai au 31 décembre 1889, on avait enregistré 1896 967 entrées payantes. Le premier et le second étage avaient été décorés de galeries extérieures qui ont heureusement disparu. On trouvait au premier étage quatre restaurants et de nombreux kiosques de vente. Au second étage, il y avait, entre autres, une boulangerie et une imprimerie du considéré comme inachevé, et de nombreux projets voulaient le doter de figures allégoriques, effigies d'un Napoléon triomphant, d'un éléphant monumental encore ou d'un grand aigle aux ailes éployées.) Cette arche d'un style grandiose unit son juste volume à d'irréprochables proportions. Il s'adapte parfaitement à un site exceptionnel et sa masse semble moins peser sur le sol que s'ouvrir sur le ciel. Il a gagné encore en solennité depuis que Napoléon aménager la place de l'Etoile et ajouter huit avenues nouvelles aux quatre qui existaient déjà, créant ainsi un rayonnement, une convergence vers le monument qui, non seulement le met en valeur, mais permet de l'apercevoir de tout ce côté de la ville. Le style géométrique de la place est encore renforcé par les douze hôtels semblables et symétriques que Hittorff a rangés alentour et dont l'entrée, sur l'autre face, est desservie par une vole circuilaire. Haussmann, qui détestait cet architecte, déclarait que ses façades étaient « mesquines » et que leur hauteur (l6 m) ne s'accordait pas avec une place de cette envergure. Hittorff répondait, non sans raison, qu'il avait choisi des façades basses pour que l'Arc de Triomphe apparût dans toute sa puissance. L'empereuir fut convaincu, mais Haussmann commanda à Alphand d'aménager devant les maisons de Hittorff, pour les masquer, des jardinets bien boisés. Cet ensemble, en définitive, est une parfaite réussite, et Haussmann écrivit que c'était la plus glorieuse de sa carrière.
Haut de 50 m, l'Arc de Triomphe possède une grande arche centrale et une arche latérale de moindre proportion - ce qui a permis de rompre la surface dans la hauteur en la ceinturant d'une forte corniche. A l'intérieur, les voûtes sont décorées de caissons. L'ensemble est dominé par un vigoureux entablement, un attique et un acrotère. Les sculptures qui le décorent sont distribliées sur les parois avec une juste convenance monumentale. Le roi-citoyen désirait les consacrer plus aux victoires de la République qu'à celles de l'Empire. Thiers, qui avait été écrivain d'art, fut chargé du programme et du choix des artistes. Rude a donné là son chef d'œuvre (côté droit de la face Est) avec le Départ des volontaires de 1792, bien connu sous le nom de la Marseillaise, groupe d'une superbe énergie et parcouru d'un grand souffle épique. Sur l'autre côté, Cortot a traité Arc, Triomphe Napolcon, pénible contraste, dans un style glacé. Sur la face ouest (devant l'avenue de la Grande-Armée) Etex a célébré la Résistance de 1814 et la Paix en sculptant des groupes non dépourvus d'habileté. Les tympans du grand arc sont occupés par des Rennomées de Pradier. A leur hauteur, des tableaux en bas-reliefs représentent les funérailles de Marceau, les batailles d'Aboukir, d'Alexandrie, d'Arcole, d'Austerlitz et de Jemmapes. Tout en haut, sous l'entablement, une frise qui contourne le monument évoque le départ et le retour des armées, où toutes les armes combattantes sont représentées. Du sol il est difficile de se rendre compte que les personnages ont 2,12 m de hauteur et que leur cortège se déroule sur 137 m de long. Six sculpteurs y travaillèrent, rétribués au mètre courant. L'attique est décoré de boucliers.

Après la guerre de 1914-1918, l'Arc de Triomphe abrita la tombe du soldat inconnu - recouverte d'une simple dalle
veillée par la flamme chaque soir solennellement ranimée. Les visiteurs ne manquent pas au sommet du monument d'où ils peuvent contempler le plus exaltant panorama parisien. Ils y trouvent un petit musée où l'histoire de l'Arc de Triomphe est racontée par le texte et l'image.
L'exposition du corps des grands hommes sous l'Arc de Triomphe avant leurs obsèques représente le sommet de la gloire. Cet honneur fut réservé à Mac-Mahon, à Thiers, à Gambetta ' au président Carnot ' aux maréchaux Joffre, Foch, Leclerc, de Lattre de Tassigny. Deux cérémonies ont animé des mouvements de curiosité et de ferveur d'une telle intensité que la France entière en fut touchée : la cérémonie du Retour des Cendres (15 décembre 1840) fit converger vers l'Etoile et les Champs-Elysées la population de tous les quartiers de Paris et de ses environs : « On voit au loin se mouvoir lentement une espèce de montagne d'or » écrit Victor Hugo, qui regrette que le char monumental ne soit qu'un « simulacre » de cercueil. Il ne prévoyait pas que pour ses propres funérailles serait imaginé un autre simulacre plus imposant encore. Le catafalque dressé par Charles Garnier montait jusqu'aux voûtes de l'Arc de Triomphe que le poète avait chanté. Le corbillard des pauvres, voulu par testament, vint prendre le corps sous ce fastueux monument éphémère et, suivi d'un cortège de chars fleuris, parmi la foule immense, se rendit lentement vers le Panthéon.
Les arcs de triomphe romains avaient pour rôle de solenniser le retour glorieux des empereurs et de leurs soldats. C'est vraisemblablement en pensant à lui-même que Napoléon avait voulu celui-ci. Mais, pour la première fois l'Arc de l'Etolle remplit sa véritable fonction lors du défilé triomphal des Alliés, le 14 juillet 1919, qui parcourut Paris au milieu d'un enthousiasme indescriptible.
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