Hotels et Paris |
||
Hotels historique
|
Les hôtels : Évolutîon de l'art décoratif.Le retour à l'architecture antique, sensible dès la porte cochère, s'accompagne d'une décoration sans exubérance. Les pilastres ioniques ou corinthiens rentrent dans les appartements d'où ils avaient été bannis. La symétrie reprend ses droits, les boiseries ne se composent plus que de panneaux rectangulaires encadrés de moulures, les dessus de porte, souvent sculptés ou peints en trompe-l'œil reprennent aussi une forme géométrique. Lyres, trépieds fumants, griffons ou personnages dont les corps se terminent en rinceaux entremêlés de rubans, trophées, denticules, oves, grecques et rais de cœur font la base de la grammaire ornementale alors en usage. Avant la Révolution et l'Empire, le style Louis XVI était parvenu à la froideur sèche et souvent prétentieuse qui continuera à se manifester jusqu'à la Restauration.
Hôtels Louis XVI du faubourg Saint-Germain : Antoine. - Le noble faubourg reste à cette époque le quartier résidentiel le plus recherché, qui voit se construire de nombreuses demeures, en particulier rues de Grenelle et de Varenne. L'architecte Antoine, en 1785, à l'hôtel de Narbonne (45, rue de Varenne),
édifia un portail à quatre colonnes ioniques. La façade sur les jardins est symétrique, mais décorée, elle, de pilastres. On a parfois également attribué à Antoine, mais sans preuves, l'hôtel Fleury ou Brochet de Saint-Prest (28, rue des Saints-Pères; École des ponts et chaussées), qui est un excellent exemple de style Louis XVI : d'une sobriété parfaite, la façade s'ouvre par une porte entre des colonnes toscanes cannelées; sa seule ornementation réside dans les refends du soubassement qui englobe le rez-de-chaussée et l'entresol.
Dans la cour intérieure, les bâtiments sont faits de deux étages égaux, puis d'un attique précédé d'une balustrade. L'escalier est placé dans une cage majestueuse décorée de statues. L'hôtel de Tessé (1, quai Voltaire; par Letellier, 1765-1768) comprend un rez-de-chaussée à boutiques, un obscur entresol, puis deux beaux étages flanqués de six pilastres ioniques d'ordre colossal et surmontés d'un toit à balustrade.
Deux hôtels de Mathurîn Cherpitel. du nouveau style.
A l'hôtel du Châtelet (1770-1771 ministère du Travail), après une porte cochère toscane, quatre colonnes composites plaquées encadrent, à la façade, les deux étages, qui sont surmontés d'un attique et d'une balustrade. La cour est limitée par de grandes arcades toscanes en plein cintre, abritant un entresol et surmontées d'une balustrade. Un avant-corps convexe coupe la façade sur le jardin. Du beau vestibule part un grand escalier qui accède, au premier étage, à un salon dont les panneaux sculptés sont décorés de rinceaux et de vases de fleurs. Le grand salon du rez-de-chaussée est orné de pilastres corinthiens et d'amours au-dessus des portes. Des cornes d'abondance et des trépieds fumants - répertoire décoratif caractéristique du style Louis XVI - décorent les panneaux. Ce salon communique avec la plus belle pièce de l'hôtel, l'ancienne salle à manger, à pilastres ioniques, décorée à l'entrée de deux belles fontaines rehaussées de poissons et de stalactites . Au-dessus des portes, des amours se balancent ou jouent avec des guirlandes; et des oiseaux, des rinceaux, des vases de fruits, des cornes d'abondance sont sculptés sur de charmants panneaux de bois clair. Ainsi, l'emploi des ordres dans la construction et la décoration révèle la tendance de l'architecture vers l'Antiquité, mais l'ensemble de la décoration demeure franchement original. L'hôtel de Rochechouart, œuvre du même Cherpitel (1777; ministère de l'Éducation nationale), aligne dix pilastres corinthiens cannelés d'ordre colossal, embrassant deux étages; ces pilastres sont surmontés d'un entablement, puis d'un attique terminé par une balustrade ajourée. Les hôtels de Brongniart. - Toujours au faubourg Saint-Germain, dans le quartier des Invalides, l'architecte Alexandre Brongniart construisit plusieurs demeures. C'est d'abord l'hôtel de Bérulle (1765; 15, rue de Grenelle), une de ses premières œuvres, avec l'agencement original de sa porte cochère. Vient ensuite l'hôtel de Bourbon-Condé (1785; 12, rue Monsieur), qui présente sur les jardins une façade dont l'élégance tient uniquement aux lignes de l'architecture :
un avant-corps cintré, des baies cintrées au rez-de-chaussée, une balustrade soulignant la toiture et supportée par des consoles : ici, plus de colonnes, de pilastres, de frontons, mais un sens aigu des lignes et des proportions. A l'intérieur, un salon circulaire est rythmé par des pilastres, avec des bas-reliefs au-dessus des portes. L'hôtel est malheureusement promis à la démolition : les bas-reliefs de Clodion qui le décoraient sont déjà partis pour les États-Unis. Brongniart construisit encore pour lui-même une demeure (1785; 49, boulevard des Invalides) aux baies ornées de têtes de loup et, en face, l'hôtel Masserano (1787; 52, boulevard des Invalides, entouré de jardins et qui fournit un cadre admirable aux collections du baron Elie de Rothschild, ainsi que l'hôtel de Montesquiou, 20, rue Monsieur. Enfin, c'est encore à Brongniart que l'on s'adressa pour aménager, dans les soussois de l'hôtel Chanac de Pompadour (142, rue de Grenelle), une salle de bains à colonnes toscanes. Autres hôtels du faubourg Saînt-Germain. C'est l'architecte A.-F. Legrand qui, en 1785, édifia l'hôtel de Gallifet (73, rue de Grenelle; consulat général d'Italie. Un portique de huit colonnes ioniques précède les trois étages; six colonnes ioniques chargent la façade du jardin. A l'intérieur, dix colonnes ioniques, entre lesquelles ont été sculptées les Métamorphoses d'Ovide, couronnent l'escalier, qui a été refait. Dans les divers salons, le souci de l'archéologie est constant. Le même architecte est l'auteur du charmant hôtel de Jarnac (1784; 8, rue Monsieur), où la décoration du grand salon marie les colonnes ioniques engagées et des dessus de portes sculptés à des bas-reliefs de stuc de goût pompéien. L'hôtel de Boisgelin, devenu ambassade d'Italie (47, rue de Varenne) construit en 1787, en rez-de-chaussée seulement, par Parent, a été très transformé, mais a reçu un beau décor de boiseries provenant de Bercy. La fin du règne. L'hôtel de Chanaleilles (24, rue de Chanaleilles), construction basse et allongée dont les jardins s'étendaient autrefois jusqu'à la rue de Babylone, a été construit dans les dernières années du règne, mais sa décoration intérieure a été très remaniée par la suite. La demeure la plus intéressante de la période précédant la Révolution est l'hôtel de Salm, construit par P. Rousseau en 1784 (64, rue de Lille; grande chancellerie de la Légion d'honneur).
Les hôtels des Champs-Élysées. La grande allée forestière créée par Le Nostre était devenue promenade mondaine, en bordure et autour de laquelle s'élevaient de nouvelles résidences. Il n'en subsiste malheureusement que peu d'exemples : l'hôtel de La Vaupalière (1768; 25, avenue Matignon), par Collignon,hélas! amputé de ses jardins; l'hôtel d'Argenson (1780; 38, avenue Gabriel), par Lemoine de Couzon, avec une élégante façade à colonnes ; de l'hôtel dit de Fersen, construit en 1778 au 17, avenue Matignon, ne subsistent que deux salons de boiseries remontés à Carnavalet. Sur les Champs-Élysées mêmes s'élevait l'hôtel Thiroux de Montsauge, que nous nommons hôtel de Massa, construit en 1784 par Leboursier. Il est depuis 1927 transféré dans les jardins de l'Observatoire (38, faubourg Saint-Jacques; Société des Gens de Lettres). Près de la place Louis-XV (Concorde), il faut citer l'hôtel SaintFlorentin (1767; 2, rue Saint- Florentin), construit par Chalgrin, le grand salon Louis XVI du 6, rue Royale, et surtout le très bel appartement du Il de la même rue, dont la décoration est attribuée à Patte. Découvrez votre un hotel paris pour passer la nuit. |
ParisParis monuments |
© © Copyright 2009 hotels et paris . com ( texte et photos )