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Hotels historique

 

Les hôtels : L'hôtel classique à Paris

Hôtels fameux du Marais. - Le grand quartier résidentiel de cette époque est le Marais, c'est-à-dire le triangle délimité de nos jours par la rue Beaubourg, le boulevard Beaumarchais et la Seine. Gentilshommes et riches bourgeois s'y firent construire, dans le courant du xviie siècle, un grand nombre d'hôtels, que l'on s'efforce aujourd'hui de restaurer et de remettre en valeur.

L'hôtel de Châlons-Luxembourg (26, rue Geoffroyl'Asnier) est fait d'un bâtiment à rez-de-chaussée et à un étage, entre cour et jardin, dont la construction en briques et pierres, à peine égayée de mascarons, de guirlandes et de monogrammes, porte le signe exact du style Louis XIII. On y accède par un beau portail de 1659, aux pilastres ioniques à chute, dont le tympan nous offre une tête de lion surmontant un écusson. Une grande cour en hémicycle précède l'hôtel Salé (5, rue de Thorigny), construit par Jean Boullier en 1656. Le corps de logis principal comprend un rez-de-chaussée décoré de refends, de palmettes et de guirlandes, un étage, un attique, puis un immense fronton curviligne orné de chiens, de figures allégoriques, d'enfants et de guirlandes, où se détache un vaste motif en éventail. Des sphinx encadrent cette façade, attribuée à Le Vau, empreinte de grandeur. En entrant 1 ter, rue des Coutures-Saint-Gervais, on admire, sur la façade qui donnait jadis sur les jardins, un fronton triangulaire orné de chiens, tandis que des enfants et de gros ailerons encadrent les courtes ailes. A l'intérieur se déroule un escalier somptueux, un des plus beaux de Paris, décoré par les frères Marsy sous la direction de Sarrazin.Derrière une porte cochère à mascarons et à refends, construite dans un renfoncement, s'ouvre l'hôtel d'Aumont (7, rue de Jouy; Tribunal administratif de la Seine),


Agrandir le plan où Le Vau (1648) et François Mansart (1656) ont successivement travaillé. La façade sur la cour est ornée de triglyphes, de guirlandes et de têtes humaines. Il reste à l'intérieur un beau plafond de Lebrun.

L'hôtel de Saint-Aignan, ou d'Avaux, (1640-1650; 71,rue du Temple)

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construit par Le Muet, a conservé son portail monumental, haut de deux étages, et sa cour à arcades, ornée de pilastres corinthiens, avec une intéressante cage d'escalier.

Hôtels de François Mansart. - Un protégé de Foucquet, Claude Boislève, enrichi dans les fournitures militaires, acquit en 1654 l'hôtel Carnavalet, et le fit remettre au goût du jour par François Mansart de 1655 à 1661. L'architecte ~nodifia la façade sur la rue de Sévigné, en construisant un premier étage orné de pilastres ioniques accouplés, de bas-reliefs, et en surélevant les pavillons d'angle. Les bossages de la porte cochère devinrent vermiculés; la Vigilance et la Fermeté, Minerve (sur la rue) et Flore (sur la cour) décorèrent la façade rajeunie. Les ailes de la cour furent aussi surélevées. Van Obstal représenta à l'aile gauche les quatre éléments et sculpta (en bordure de la rue des Francs- Bourgeois) une allégorie relative au traité des Pyrénées (la Sagesse et l'Amour ramenant la Paix et l'Abondance). En somme, Mansart respecta le plan de l'hôtel et se contenta, pour satisfaire les caprices de son client nouveau riche, de faire exécuter une décoration assez lourde. Dans la même rue de Sévigné (no 9), François Mansart éleva en 1630 l'hôtel Bouthillier de Chavigny, scandaleusement occupé aujourd'hui par une caserne de pompiers. Il a conservé une jolie façade sur jardin.
Le grand architecte éleva également, toujours dans le Marais, l'hôtel Guénégaud et, plus à l'ouest, en 1635, l'hôtel La Vrillière, mais celui-ci, occupé par la Banque de France, a été tellement remanié qu'il n'y reste presque plus rien de cette époque. La fameuse trompe d'angle elle-même, qui supporte sur l'impasse Radziwill une saillie de la galerie dorée, et qui était citée comme modèle, a été à peu près complètement refaite. Quant à la galerie dorée elle-même, son plafond, peint à cette époque par François Perrier, a été lui aussi très restauré, comme l'ensemble de l'hôtel de Chimay, bâti par le même Mansart (vers 1640; 15, quai Malaquais). On attribue encore au grand architecte le petit hôtel de Conti, maintenant englobé dans les bâtiments de la Monnaie, mais qui conserve une jolie cour ornée de mascarons, et le bâtiment sur cour de l'hôtel d'Albret (vers 1640; 3 1, rue des Francs-Bourgeois), mais ce dernier, un peu archaïsant, avec moins de certitude.

L'hôtel de Beauvais. -- Vers 1655, la célèbre Mme de Beauvais se fit construire par Lepautre (68, rue François-Miron)

Agrandir le plan un curieux hôtel, très différent par son plan des demeures contemporaines.

La façade sur rue, qui, nouveauté pour l'époque, comportait des boutiques au rez-de-chaussée, a perdu la plus grande partie de son décor, mais reste majestueuse. Le portail découvre une belle perspective à contre-jour sur la cour, par l'intermédiaire d'un vestibule rond où huit colonnes doriques ornées de triglyphes et de métopes supportent une petite coupole. Du vestibule part un grand escalier corinthien, décoré par Desjardins d'amours, d'aigles, de chiffres entrelacés (C H B), de têtes de bélier pour rappeler le nom de jeune fille (C,atherine Bellier) de la propriétaire. Pour profiter du terrain exigu et difforme, Lepautre abandonna le plan entre cour et jardin pour tout ordonner autour d'une cour triangulaire. Celle-ci est décorée d'arcades et de pilastres qui, à droite, marquent les divisions des différents étages, et à gauche ne sont qu'un décor sur un mur aveugle. Au fond, trois arcades sommées de mascarons et donnant accès aux écuries forment le centre de cette composition, conçue comme un décor de théâtre.

Cet hôtel prouve que les artistes n'avaient pas encore la superstition du plan omnibus, et que les ordres pouvaient s'adapter aux conceptions architecturales les plus variées. La porte cochère de l'hôtel des Ambassadeurs de Hollande (1655, par Pierre Cottard; 47, rue Vieil le-du-Temple) est ornée de vantaux largement sculptés et de deux bas-reliefs, dont l'un (par Renaudin, 1660), retrace l'histoire de Romulus et Remus. La première cour, ornée de cadrans solaires, très étroite, accède au corps de logis principal, dont le rez-de-chaussée toscan et l'étage sont dominés par un fronton triangulaire que supportent quatre angelots faisant figure de cariatides : cette décoration un peu lourde surprend au temps de Mazarin . La seconde cour, plus vaste, est ornée de pilastres corinthiens et d'un portique à guir-landes. A l'intérieur ont subsisté une fort jolie galerie à la voûte peinte par Michel Corneille (Histoire de Psyché) et une « chambre à l'italienne », la seule conservée de l'époque à Paris, coiffée d'une coupole de Louis Boullongne.

A l'hôtel Colbert de Villacerf (vers 1650; 23, rue de Turenne),

Agrandir le plan quatre hauts pilastres ioniques cannelés. puis quatre hauts pilastres corinthiens dessinent la façade, autrefois terminée par un fronton curviligne, mais défigurée par l'école Pigier. Une charmante fontaine a subsisté dans la cour d'arrivée. Le musée Carnavalet a recueilli un beau salon à boiseries peintes et à plafond à caissons. On peut également voir dans le même musée un beau salon de boiseries (vers 1655), provenant de l'hôtel de Villedeuil, place des Vosges, et deux grands plafonds de Lebrun, provenant de l'hôtel de La Rivière.

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